Toujours pas sages

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Les Toujours Pas Sages on the road

par Claire Ulrich

Ils ont réussi ! Boukary Konaté et les “Toujours Pas Sages” au Mali et ailleurs ont fait débuter le projet “‘internet mobile” de formation à Internet et à l’envoi d’informations sur la vie rurale par SMS, dans les villages de la région de Ségou. La bourse Rising Voices accordée au projet de Boukary permet de concrétiser une idée née voici deux ans : mettre en place un système simple, mobile, peu onéreux, de formation itinérante des villageois aux premières notions de communication sur Internet, sur un ordinateur d’occasion, et sur un Smartphone. On est content !

Voici la description de l’équipement et des formations dans un billet de Rezwan (qui est du Bangladesh !) sur le blog de Rising Voices, traduit en français par Suzanne Lehn.

"Le 18 juin, six participants au projet d’Internet mobile Ségou villages connection ont sauté dans un antique taxi-brousse en direction de Dioro et des villages environnants, à 70 km de la ville de Ségou. Avec ses quelque 50.000 habitants, Dioro est une zone de rizières, de pêche et de maraîchage, situé au bord du fleuve Niger. Le village a été choisi parce qu’il possède un centre multimédia pour les projets des Villages du Millénaire et que l’accès aux installations se fait à moindres frais.

L’équipe emportait un panneau solaire, une batterie, deux ordinateurs, quatre clés USB de connexion Internet, quelques appareils photos numériques et assez de bagages pour une tournée de huit jours.

Lire la suite sur Global Voices en français

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Formations en cyber-café autour d’un thème, le foot : quelques pensées !

by Claire Ulrich

Lancées de façon informelle dans un cyber-café de Bamako, autour d’un thème - le  foot - durant la Coupe Africaine des Nations (foot) qui a tenu l’Afrique en haleine, les formations animées par Boukary Konaté viennent de s’achever avec la finale de la Coupe, remportée par l’Égypte.

Cette expérience a d’abord créé une nouvelle petite communauté enthousiaste d’internautes maliens - les nouveaux Toujours Pas Sages, qui sont venus assister aux matchs via la télé installée au cyber, pour les commenter sur Twitter.

Abdoul et Rokia, du cyber-café SAS à Bamako, nos hôtes

Ils ont découverts le Web au-delà de l’envoi et la réception de mails et de l’occasionnelle recherche sur Google, dont ils sont familiers, car ils vivent en ville, et ont accès à Internet via les cyber-cafés.

Une fois initiés aux micro-blogs sur Twitter par Boukary, ils se sont pris au jeu sur Twitter (ici, ici et ici). Ils ont découvert qu’ils étaient “suivis en ligne par d’autres amateurs de foot africain, ailleurs, parfois très loin (France, États-Unis, Brésil, Angleterre, Ghana, etc). Et ils en gardent comme traces un blog, créé pour l’occasion, avec vidéos et photos.

Ce qu’on en retient, question formation aux NTIC ?

Être mobile

Dans les pays où l’internet à domicile reste un grand luxe totalement hors de portée de ceux qui sont le plus demandeurs, les jeunes urbains, autant s’installer là où il est déjà, le cyber-café. C’est en plus une occasion de connaitre l’état des pratiques d’Internet en milieu urbain, la qualité de connexion pour le plus grand nombre (coupures d’électricité, problèmes techniques, équipements sur place, etc) et de travailler à partir de ces données.

Être modestes, légers, pas chers, agiles (on dit “réactifs” c’est ça ?)

Ou la magie du Web prend, ou bien elle ne prend pas ! Pour un budget somme toute micro (attention ! pour des yeux d’Européens !) : le coût se résume à un forfait d’heures de connexion à Internet et au défraiment d’un formateur. Nous avons partiellement défrayé Boukary de ses frais via l’envoi de crédit téléphone Orange-Mali par un site spécialisé, dans l’urgence, mais un système d’autofinancement ou de partenariat pérenne, et dans plusieurs lieux, reste à élaborer pour fidéliser cyber-cafés et formateurs.

Prendre appui sur une actualité qui mobilise : cette fois-ci, c’était la Coupe d’Afrique de foot. On était sûrs de ratisser large ! Mais pourquoi pas le Cinquantenaire des indépendances,  pour une génération plus mature ? La Fête de l’Armée du Mali, très suivie dans les provinces ? Un festival de musique ? La finale d’une émission de télé ou radio très populaire pour les chanteurs amateurs ? C’est par des thèmes mobilisateurs qu’il est le plus facile de présenter les possibilités offertes par un web-lieu d’échanges.

Boukary et son t-shirt “Allez les Aigles du Mali”

Faire confiance à la dissémination naturelle

C’est par le bouche-à-oreille,  par l’ambiance qui régnait au cyber-café SAS de Bamako, que de nouveaux stagiaires se sont joints à l’expérience et ont demandé à être formés. Ils en parleront certainement autour d’eux. Et voilà !

Ibrahima, un nouveau passionné de Twitter

Et maintenant, on fait quoi ? On réfléchit à deux choses avec Boukary. La mobilité. Et la Coupe du monde de foot en Afrique du Sud cette année. Car la Coupe d’Afrique nous a montré, sur Twitter, que la “fracture” linguistique entre Africains anglophones et francophones ne demande qu’à être comblé, et le foot est largement capable de réussir ça.